« Comment ça va aujourd’hui ? »

Cette question, relativement banale, je la pose systématiquement aux artistes avec qui je travaille. Par politesse, par principe, par habitude. Bien sûr. Mais pas seulement. En réalité, cette question de savoir-vivre est tout à fait nécessaire et essentielle.
Quand je demande à un·e artiste comment il/elle va vraiment, c’est dans le souci d’être au plus près de ce qu’il/elle traverse, dans ses joies comme dans ses points de tension. Quel que soit le niveau de développement du projet et l’intensité de son actualité, s’ensuit généralement l’étonnement : « Oh, c’est gentil et prévenant de (vraiment) demander ».
Étonnement de constater que je m’intéresse, sincèrement. Soulagement de pouvoir parler vrai, sans filtre.
J’ai besoin de comprendre comment les artistes vivent leur projet : ce qui les motive, les drive, mais aussi leurs déceptions et leurs frustrations. Parfois, en raison d’une pudeur tout à fait compréhensible, ces éléments se dévoilent au fil de la collaboration, lorsque la confiance s’installe. Mais ils surviennent, toujours.
Et c’est ce que je revendique avec quiétude dans mes processus de travail : ne pas intervenir en bout de course, de façon déconnectée, mais bien au cœur des projets. Que l’on me sollicite pour une consultation ponctuelle ou pour une collaboration de plus longue durée. Et je ne me verrais pas faire les choses autrement. C’est ce goût de la complexité, de la nuance, de l’épaisseur qui m’anime au quotidien.
C’est là que la dimension de coaching prend tout son sens. Cette disponibilité mentale permet de comprendre ce que l’autre vit et les dynamiques en cours. C’est pour cela que j’ai souhaité me former, que je continue à me former et à travailler mes aptitudes en matière de questionnement, d’écoute et d’analyse.
Dans les industries créatives, on parle forcément d’art et de stratégie (oui, je crois profondément que les deux peuvent coexister). Mais en réalité, on parle aussi, voire même davantage, d’humain et de processus sociologiques et psychologiques.
Ces conversations-là, précieuses, permettent de construire ensemble un cadre de travail à la fois exigeant et durable. Pas dans la complaisance, car elle n’apporte rien, si ce n’est de l’immobilisme. Mais sans ajouter de pression inutile. Faire les choses de façon priorisée et réfléchie, quand c’est nécessaire. Ou, au contraire, suivre une dynamique plus instinctive quand cela fait sens.



Commentaires